Nul-si-découvert_liu_bolin.jpg

Nul si découvert

CRÉATION 22/23

Roman de Valérian Guillaume publié aux éditions de l’Olivier


Texte et mise en scène : Valérian Guillaume

Avec Olivier Martin-Salvan 


Adaptation et dramaturgie : Valérian Guillaume et Baudouin Woehl

Scénographie : James Brandily

Vidéo : Pierre Nouvel

Création lumière : William Lambert

Composition musicale : Victor Pavel

Costumes : Nathalie Saulnier

Création sonore et régie générale : Margaux Robin



Spectacle à partir de 14 ans

Durée estimée : 1h30



Production déléguée : compagnie Désirades.

Coproduction : Théâtre de la Cité internationale (Paris), Théâtre Sorano – Scène Conventionnée (Toulouse). Avec le soutien d’ARTCENA, de la DRAC Auvergne-Rhône-Alpes au titre de l’Aide au projet, du Conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique (CNSAD - PSL) dans le cadre du dispositif SACRe (Sciences Arts Création Recherche).



Le texte « Nul si découvert » est lauréat de l'Aide à la création de textes dramatiques - ARTCENA (mai 2019). Valérian Guillaume a bénéficié d'une résidence d'écriture à La Chartreuse – Centre National des écritures du spectacle.

 
liu-bolin-spm.jpeg

Nul si découvert

Il salive devant les produits alignés sur les rayons du supermarché. Il prie pour être le gagnant d’un jeu-concours organisé par une marque de nourriture mexicaine. Il adore lorsque les vigiles le palpent à l’entrée du magasin. Il se jette sur les distributeurs de friandises, les buffets en libre-service et les stands de dégustation.

Qui est-il, ce garçon qui sue à grosses gouttes et qui rit même quand on se moque cruellement de lui ? Pourquoi cherche-t-il la chaleur humaine dans les allées du centre commercial ?

Depuis qu’il va à la piscine, sa vie a trouvé un sens : Leslie est à l’accueil. C’est un ange, une fée. Elle occupe ses pensées, le rend fou d’amour. Mais pour la conquérir, il lui faudra lutter contre le démon qui s’empare de lui dans les pires moments.

Servi par une écriture singulière et vertigineuse Nul si découvert nous entraîne dans le cerveau d’un personnage habité par une pulsion violente : il doit tout avaler, absorber jusqu’à l’excès, jusqu’au dégoût.



Quatrième de couverture du roman Nul si découvert,

Editions de l’Olivier

 

Notes sur le spectacle

Note d’intention

"Avec ce spectacle, je souhaite inviter les spectateurs à entrer dans le flux de conscience d’un personnage qui déborde le monde. Le texte écrit sans ponctuation est une longue phrase qui met en scène un personnage vorace prêt à tout pour se gorger du monde.

En donnant chair à ses mots, il s’agira de mettre en scène une tornade debout et de montrer ce que notre société nous somme de cacher : toutes nos pulsions matérialisées en larmes, gouttes, transpirations.

Ce spectacle est un questionnement sur la marge et la périphérie. Olivier Martin-Salvan porte la parole d’un poète du péri-urbain. Mon désir est de pouvoir faire émerger ce langage que nous avons appris à ne plus écouter. Convaincu que le poème se loge dans l’infime, dans le banal et dans l’infra-ordinaire, ce spectacle aura pour vocation de proposer une partition sensible à partir des traversées du quotidien de ce personnage qui devient peu à peu le héros de son Odyssée intérieure, qui cavale d’idées en images, dans une sorte de road-movie péri-urbain. Ce spectacle mettra donc en scène la parole-fleuve d’un personnage qui se promène dans un centre commercial. Cette perception en mouvement s’abîme dans les hallucinations et les visions suscitées par un environnement hostile à sa sensibilité. C’est une descente dans l’enfer que notre époque peut parfois creuser."

Note de mise en scène


Qui est le monstre en moi ?

Seul sous un abribus déserté en tenue de plongeur, un personnage cherche à faire émerger son poème intérieur. Alors, face au public, il dégurgite la somme de mots qu’il a emmagasinés et l’histoire qu’il gardait en lui comme un secret. Passionné par ces zones commerciales qu’inlassablement, jour après jour, il parcourt en quête de stimulation, d’échange et de regard qui lui donneront la sensation d’appartenir à une société qui l’avait jusque-là laissé de côté. Le personnage est un golem composé de ces rayons garnis, de ces lumières violentes, de ces caisses automatiques sonores, de ces musiques toujours un peu trop fortes. Et c’est Olivier Martin-Salvan qui incarne ce personnage-monde. Son interprétation aura à cœur de rendre visible ce qui doit être caché : les désirs voraces, les gouttes dans le slip, le démon dans le ventre. Au fur et à mesure de sa logorrhée, il entraîne le public dans son estomac. La destination de ce flux de paroles est inévitable : le personnage doit tout ingurgiter — et tant pis s’il doit manger le monde !

Ce langage cousu de naïveté absolue, de tendresse profonde et de violence sous-jacente confie à Olivier-Martin Salvan une véritable performance d’acteur car le personnage de Nul si découvert, parle de tout et de partout, traversant sans hiérarchie et sans échelle de valeurs les méandres de notre société contemporaine — de la pulsion la plus sordide à la plus belle manifestation poétique du quotidien. Le personnage est une éponge qui s’est gorgée du monde et transporte avec lui, sous le mode de l'inventaire, tous les incidents provoqués par le décor de ce road-movie péri-urbain. Dans sa combinaison de super-client, le personnage nous fera entrer dans son monde de gouttes, de jeu-concours et de passions amoureuses déclenchées par le moindre mot ou le moindre regard. L’enjeu de ce spectacle est de plonger dans le corps du langage et du désir dans toutes ces acceptions.


Le spectacle invite le spectateur à entrer, le temps de la représentation, dans le corps de l’acteur. La création sonore fera entendre en quadriphonie les bruits de l’organisme qui auront été capté par des stéthoscopes. Victor Pavel, compositeur de musique contemporaine, proposera une partition qui explorera cet orchestre organique logé dans le ventre. Le travail sur la voix et le son créera une atmosphère continue qui nous fera entrer à l’intérieur de la respiration de Olivier Martin-Salvan.


Progressivement, le spectacle sera hanté par le démon du personnage. Ce démon s’exprimera par la voie de la vidéo-projection de graphies. Les hologrammes de Pierre Nouvel évoluent à travers la vitre de l'abribus, créant ainsi une complicité performative et inquiétante entre le texte et l’acteur. La scénographie de James Brandily associée à la création lumière de William Lambert déploie un environnement inquiétant et dangereux qui renverra tour à tour à une tribune ou à un gouffre. Seul habitant de ce paysage urbain vide, le personnage continuera cette odyssée du quotidien que son regard enchante. Et en dépit de tout déséquilibre émotionnel ou langagier, il préférera toujours continuer sa danse au-dessus des volcans d’une société inadaptée à ses rêves et à ses désirs.

Progressivement, le décor, contaminé par l’irruption du démon, se transformera en la page vivante de cette parole-monstre qui sera projetée ouvrant la voie vers « le grand dodo ».

Valérian Guillaume



Note scénographique


"L'idée n'est pas de représenter une zone péri-urbaine figurative mais une aire de parking fantasmée mais qui accueille en son milieu un arrêt de bus hyper réaliste. Un piéton, au milieu des voitures, qui se déplace pour aller d'un magasin à un autre. Une traversée périlleuse.

L'homme, qui marche ou (pour moi) plutôt qui prend le prends le bus, traverse un monde hostile pour nourrir son monstre avide.

L'environnement est un immense sol goudronné pailleté, désert avec seulement cet objet réaliste, effrayant qui trône au centre du plateau. Cet objet, cet abribus, devient plongeoir et écran de projection, puis il s'envole au-dessus de notre comédien, et semble vouloir l’écraser.

Ce bus qui ne viendra jamais, concentre la terreur, le vide, le vertige, la solitude, la foule, la consommation, l'amour et le monstre.

C'est l'infini à l'arrêt du bus que nous attendons."


James Brandily

Note sur les lumières


"L’abri bus sera éclairé de manière autonome et indépendante. Une présence vivante dans un monde qui l’entoure. Une solitude dans cet espace vide autour. Cet espace extérieur pourra tour à tour être centre commercial, piscine, ville nouvelle, parking...

Par intermittence, ce monde de l’extérieur se révèle ou disparaît pour se focaliser sur la solitude du personnage. Parfois chaleureux, parfois hostile mais toujours au loin, la lumière d’un néon, une enseigne de magasin colore la nuit, des reflets apparaissent pour devenir piscine. L’abri bus bat comme un cœur au milieu du néant."


William Lambert

 
f-821-60579e6fd38f9.jpeg

Olivier Martin-Salvan

Depuis 2019, Olivier Martin-Salvan est artiste associé au Centquatre-Paris et membre du Phalanstère d’artistes du Théâtre de l’Entresort – Centre national pour la création adaptée de Morlaix.
De 2018 à 2021, il est parrain de la promotion 30 de l’École de la Comédie de Saint-Étienne – Centre dramatique national.


De 2014 à 2017, il est artiste associé au Quartz – Scène nationale de Brest.

Catalyseur d’équipes, Olivier Martin-Salvan conçoit des spectacles en collectif :

2023 : PEPLUM, « le Moyen Âge mérite bien un péplum ! », commande d’écriture à Valérian Guillaume
2019 : [ʒaklin] Jacqueline, Écrits d’Art Brut, avec le compositeur et musicien Philippe Foch, créé au TANDEM Scène nationale d’Arras-Douai.


2017 : Andromaque, de Jean Racine, avec le metteur en scène Thomas Condemine, créé à La Comédie Poitou-Charentes – CDN
2015 : UBU, d’après Alfred Jarry, création collective créée au Festival d’Avignon In (plus de 160 représentations)
2014 : Religieuse à la fraise, avec la danseuse-chorégraphe Kaori Ito, créé au Sujets à Vif SACD / Festival d’Avignon
2013 : Pantagruel, avec le metteur en scène Benjamin Lazar, créé au Théâtre de Cornouaille – scène nationale de Quimper (plus de 130 représentations). Nomination en 2014 et 2015 pour le Molière du meilleur comédien dans un spectacle de théâtre public
2008 : Ô Carmen, opéra clownesque, avec le metteur en scène Nicolas Vial, créé au Théâtre de l’Ouest parisien (plus de 180 représentations). Il tisse également d’étroites complicités avec de nombreux artistes metteurs en scène notamment :

Clédat & Petitpierre


2019 : Panique !, un solo sur mesure inspiré des représentations mythologiques du dieu Pan

Pierre Guillois
2020-2021 : Les gros patinent bien, cabaret de carton, de Pierre Guillois et Olivier Martin-Salvan
2014 : Bigre, mélo burlesque, de Pierre Guillois, Agathe L’Huillier et Olivier Martin-Salvan, Molière de la meilleure comédie en 2017
2010 : Le Gros, la Vache et le Mainate, de Pierre Guillois
2008 : Le ravissement d’Adèle, de Rémi de Vos
2006 : Noël sur le départ, de Pierre Guillois

Valère Novarina
2012 : L’Atelier Volant, de Valère Novarina
2011 : Le Vrai Sang, de Valère Novarina
2007 : L’Acte inconnu, de Valère Novarina

Benjamin Lazar
2013 : Pantagruel, de François Rabelais
2004 : Le Bourgeois Gentilhomme, de Molière

Enfin, il est également interprète :
2016 : Fumiers, mis en scène par Thomas Blanchard, 2016 : Espæce, mis en scène par Aurélien Bory, 2010 : Orgueil, poursuite et décapitation, de Marion Aubert, mis en scène par Marion Guerrero, 2008 : Falstafe, de Valère Novarina, mis en scène par Claude Buchvald, 2006 : Les Errants, de Côme de Bellescize, 2004 : Roberto Zucco, de Bernard-Marie Koltès, mis en scène par Côme de Bellescize, 2003 : Tabarin et son maître, mis en scène par Bastien Ossart, 2002 : Un violon sur le toit, de Joseph Stein, mis en scène par Jean Bellorini.